Crise des valeurs au Sénégal : Entre permissivité familiale et influence des nouveaux médias

S. Jule Diouf Seck
Souleymane Jule Diouf Seck

Crise des valeurs au Sénégal : Entre permissivité familiale et influence des nouveaux médias

Par l’observation des dynamiques sociales actuelles, un constat s’impose : la société sénégalaise semble faire face à une montée de comportements en rupture totale avec ses fondements religieux et culturels. Pour beaucoup, cette mutation trouve ses racines dans un « laisser-aller » généralisé, partant de la cellule familiale jusqu’à l’influence incontrôlée du numérique.

Le foyer : premier lieu de la rupture

L’éducation de base, autrefois socle de la transmission des valeurs de virilité et de pudeur, semble aujourd’hui fragilisée. Le phénomène commence dès le bas âge. On observe de plus en plus, au sein des familles, une forme de complaisance parentale vis-à-vis de comportements atypiques chez les jeunes garçons.
Qu’il s’agisse d’un langage efféminé, d’une gestuelle particulière ou d’un intérêt pour des danses jugées inappropriées, ces signes ne sont plus systématiquement recadrés. Pire encore, une certaine protection s’installe : lorsqu’un membre de la famille tente de corriger l’enfant, il se heurte souvent à l’opposition de la mère ou d’autres proches. Ce manque de fermeté initiale laisserait ainsi le champ libre à l’ancrage de ces habitudes.

L’écran : un vecteur de normalisation invisible

Au-delà du foyer, l’enfant est exposé à un environnement médiatique mondialisé. Les films, les dessins animés et même certains jouets deviennent des outils de propagande subtile.

En visionnant des scènes où des actes « contre-nature » sont présentés de manière banale — comme des couples d’hommes s’embrassant ou vivant en couple — l’enfant finit par intégrer ces modèles comme étant légaux ou normaux. Sans un filtre parental solide pour expliquer que ces contenus contredisent nos réalités locales, le jeune public finit par considérer que l’adoption de tels comportements ne pose aucun problème moral ou social.
L’impact des réseaux sociaux et la passivité de l’entourage

Enfin, la révolution numérique a déplacé le débat dans la rue et sur les smartphones. Les réseaux sociaux mettent en scène des hommes adoptant ouvertement des codes féminins, souvent entourés de femmes qui les acceptent et les fréquentent quotidiennement sans chercher à les conseiller ou à les ramener vers les normes sociales établies.

Cette passivité de l’entourage immédiat contribue à une forme d’acceptation tacite. Le décalage devient alors flagrant : d’un côté, une société qui se revendique de valeurs religieuses fortes, et de l’autre, une réalité de terrain où le « laisser-aller » permet l’émergence de modes de vie jugés étrangers à la culture sénégalaise


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